Parker gâche un match bien Kieffant

Marcus Morris Tony Parker

Perdre n’est jamais amusant. Perdre quand on aurait pu gagner l’est encore moins. Perdre contre les Spurs est pire que tout. Enfin presque. Pas pire que de perdre contre les Spurs quand on aurait pu gagner.

Le match démarre tranquillement, tout le monde rentre ses premiers shoots. San Antonio ne défend pas vraiment, Phoenix non plus, et ça énerve Greg Popovich qui prend son premier temps-mort alors que le score est de 11 à 10 pour les siens. Dès la reprise, les Spurs sont plus appliqués en attaque et plus sérieux en défense à l’inverse de Suns qui ne sont toujours pas rentrés dans le match. SA prend le large et sans la bonne rentrée de Markieff Morris, les Suns seraient déjà bien loin. Le power surtatoué rentre ses 4 shoots et permet à Phoenix de clore le quart-temps avec seulement 8 points de retard. Phoenix cherche trop l’interception et en oublie de défendre dur sur l’homme. La stat qui tue : avant la dernière possession, les Suns n’avaient commis qu’une seule faute d’équipe, preuve de leur manque d’engagement en défense.

Jeff Hornacek s’en est bien rendu compte, il demande à ses joueurs de se remuer les fesses, ce qu’ils vont faire, et pas façon Miley Cyrus. Phoenix sort les barbelés, il faudra attendre six minutes dans ce deuxième quart-temps pour voir le premier panier texan. Pendant ce temps, les Suns ont pu marquer 12 points alors qu’ils n’ont encaissé que trois lancers francs : la 3e défense de la ligue montre enfin son vrai visage, et prend les devants. Le grand Morris est impérial des deux côtés du terrain et Popovich ne Kieff pas. Une fois les jumeaux des Suns revenus sur le banc, le coach des Spurs réclame Duncan au poste sur chaque possession. Miles Plumlee se fait démolir, les Spurs recollent. Un ultime 3 de Leonard pour succéder à une claquette dunk de Plumlee, et le buzzer retentit. 53-51 Phoenix, qui peut dire merci à un grand Markieff Morris, auteur de 18 points à 9/10 pour accompagner ses 7 rebonds et sa défense de chaque instant.

Sept passes décisives seulement pour les Suns à la mi-temps, l’absence de Dragic se fait à nouveau sentir et ce n’est pas le 3e quart qui viendra tordre le coup à cette affirmation. San Antonio prend les devants, et les Suns ne survivent que via des exploits individuels. Sans doute tenté de jouer sa propre carte, PJ Tucker se prend même à tenter un shake’n'bake. Les arbitres mettent fin à la mascarade et sifflent immédiatement le marcher. Un Markieff Morris toujours chaud et un Miles Plumlee efficace permettent aux Suns de ne pas sombrer malgré un nouveau quart-temps d’une pauvreté sans nom -deux petites passes dé, pas plus. 71 partout après 36 minutes, les Spurs enragent et tentent le tout pour le tout en passant ‘La Danse des Canards’ à la pause. Authentique.

Après un début de quatrième quart équilibré, on file droit vers un money time de folie. Les Spurs ont repris l’avantage, mais Plumlee permet aux Suns de n’être qu’à un point avec 6 minutes à jouer. Les Spurs tentent un nouveau coup bas et font intervenir un accordéoniste qui fait des chants tyroliens. Re-authentique. Mais la vraie arme de San Antonio est ailleurs. Parker rentre un jump shot. Parker rentre un layup. Parker rentre un trois points. Parker casse sévèrement les couilles, mais Green enchaîne un three et un dunk pour résister au meneur de l’Equipe de France. Kieff marque. Parker répond. Alley-oop Bledsoe-Plumlee. Les Suns sont toujours derrière, et il ne reste qu’une minute à jouer. Bledsoe décale Tucker, zéro point, dans le corner. Le défenseur de PJ le couvre complètement, l’ailier des Suns tente un improbable fadeaway à la Kobe. Ficelle, Phoenix repasse devant.

Et là devinez quoi? Parker répond, encore et toujours. Puis Plumlee marque sur un joli reverse. Phoenix reprend un point d’avance, et réalise un bon stop. Tout semble fonctionner, sauf les connections neuronales de Gerald green qui fonce tête baissée dans la défense des Spurs, où l’a bien entendu précédé Ginobili, qui encaisse le choc et provoque le passage en force. Quarante secondes à jouer, c’est alors que Bledsoe, qui avait pourtant su éteindre TP durant les trois premiers quart-temps, se craque sur la remise en jeu. Parker s’échappe et rentre un nouveau layup. Bledsoe a l’occasion de répondre, mais il déclenche un shoot guère plus intelligent que l’action de Green sur la possession précédente. Rebond Spurs, et… Et Parker marque encore, putain! Les Spurs ont désormais trois points d’avance, et les deux derniers shoots de Phoenix, parfaitement défendus par les Spurs, ne trouvent pas leur cible.

Les Suns s’inclinent donc 99-96 chez leur meilleur ennemi, avec un jeu offensif d’une rare indigence, mais une nouvelle fois, l’absence de Dragic en est l’explication majeure. D’ailleurs, sans un Shawn Marion déguisé en Markieff Morris (23 points à 11/13, 12 rebonds), le match n’aurait duré que quelques minutes. Tony Parker, cadenassé de bout en bout par Bledsoe, aura fait péter le verrou au pire moment, inscrivant pas moins de 15 points dans les sept dernières minutes. C’était bien trop pour les jeunes Suns, qui concèdent là leur deuxième défaite de la saison, la deuxième sur une courte marge après celle à Oklahoma City. Deux matches perdus dans les tous derniers instants contre les deux derniers champions à l’Ouest, ça prouve que cette équipe a les moyens de rivaliser avec les meilleurs. Non, on déconne.

Box SA