Phoenix Suns 2014-2015 : Preview

Suns

Cendrillon, on t’avait prévenu pourtant. Minuit pétante, ton carrosse se transforme à nouveau en citrouille. Tu n’en as fait qu’à ta tête, arguant que tu pouvais rester à la fête mais il n’en a rien été. Les playoffs te sont passés sous le nez. Que croyais tu, petite souillon effrontée?

Les Suns remettent le couvert cette saison, dans le même costume d’apparat, mais ce coup ci ils n’avanceront pas masqués. Toute la ligue a appris à les connaitre et à s’en méfier. D’ailleurs, tout le monde s’est méfié de nous. En tant que fan, suiveur, adorateur de la cause orange, la pilule de l’intersaison a été difficile à avaler. Comme un vulgaire poison qui se diffuse sans même en connaitre la cause ni la raison.

Il est vrai qu’on espérait de grandes choses, nous les fans (nous le charme). On pensait réussir à enfin attirer la superstar tant convoitée nous permettant d’atteindre la stratosphère. Le summum de l’extase, on croyait pouvoir avoir LeBron. Douce folie…Bosh? Que nenni. Melo? Et puis encore…Bon ok…Isaiah Thomas et Tolliver? C’EST FANTASTIQUE.
Du plan A on a dû passer au plan B. Ce dernier a longtemps été mis en danger par un Bledsoe décidé à nous faire payer le prix fort sa « fidélité ». Il a eu gain de cause après moultes rebondissements, tergiversations et grands moments de silence entre les deux camps.

Le tout arrangé, notre plan B est terminé. Mais quel est-il? Rien de bien compliqué, on a conservé la majorité de notre effectif. Quelques retouches ici ou là, on saupoudre tout ça avec une belle prolongation de contrat pour nos jumeaux Morris préférés et notre PJ Tucker bien frappé. Emballé c’est pesé. Forts d’un dernier exercice à 48 victoires et 34 défaites, les Suns estiment que les (bonnes) bases sont jetées et qu’il suffit de faire fructifier. Raisonnement logique et compréhensible à partir du moment où vous n’attirez absolument personne dans vos filets, et ce malgré une marge monumentale dans votre salary cap.

Mais il y a un mais. On perd Channing Frye au passage, juste notre intérieur/pivot le plus fiable. Un départ douloureux et compliqué à compenser, chose qu’on ne fera pas vraiment puisque nous avons engagé le spectaculaire mais néanmoins fortement limité Anthony Tolliver. Il est difficile de mesurer par les chiffres l’impact qu’avait l’ancien de l’université d’Arizona, toutefois son entente était impeccable avec Goran Dragic. Les deux se connaissant par coeur, ils récitaient leur pick & pop avec une précision chirurgicale. Nul doute que le meneur slovène perd une arme non négligeable de son arsenal, certes fourni, et devra trouver un moyen de masquer le départ de son fidèle compère. Ce qui est certain c’est notre affaiblissement dans la raquette. On a beau dire, on a beau faire. Le Channing est précieux. Plus connu pour son côté artilleur longue distance, il était plus que serviable en défense avec son allonge. Si vous êtes adeptes de la stat « plus-minus » aka « lenovo », vous savez sans doute déjà qu’il était de loin le plus rentable. Charge à Hornacek de trouver les solutions pour faire évoluer le jeu de Phoenix dans la bonne direction.

Le vrai retour du Run & Gun ?

Il semblerait que Hornacek soit prêt à passer la vitesse supérieure, il l’a expliqué à maintes reprises à la fin de la saison précédente et pendant le training camp. Pour lui, l’attaque des Suns était le chantier principal à travailler. Il estime que ses joueurs, avec un an de vie commune sous le capot, doivent pouvoir mieux se trouver sur le parquet. Les réflexes doivent devenir automatiques, chaque joueur doit connaitre les préférences, les zones de confort de ses coéquipiers. Les préceptes resteront les mêmes. Les Suns doivent être une équipe d’élite pour passer de la phase défensive à la phase offensive. Il faut pouvoir enchainer le plus rapidement entre les deux phases et courir. BEAUCOUP COURIR. On ne peut pas renier nos origines, qui nous sommes réellement. Phoenix est connu de par son style si particulier. Tout ce qu’on aime, c’est un parquet aéré avec du jeu de transition. Il faut être réaliste, les puristes diront toujours qu’on ne peut pas gagner un titre de cette manière. Tout est ralenti en playoffs, les contacts se durcissent et le jeu en demi terrain fait la loi.

Certes, mais nous voyons les choses différemment. Pardonnez nous de ne pas nous en excuser. Les playoffs, nous les voyons à la télé depuis trop longtemps et on a une féroce envie d’y retourner. Ce serait déjà une bien belle victoire pour cette franchise qui essaye de remettre sur de bons rails. La seule manière de les revoir doit passer par la culture, celle qui nous est propre. Et Hornacek la connait sur le bout des ongles, rappelons qu’il l’a pratiquée lors de ses jeunes années de joueur.

Fondamentalement, peu de choses vont changer par rapport à l’année précédente. La clé, c’est de fatiguer l’adversaire tout en l’amenant à épouser notre style up tempo et essayer de suivre la cadence, à leurs propres frais. La nouveauté se situe à la mène. Secteur fort, quasiment un des meilleurs de la ligue (si ce n’est le meilleur, allez osons). Notre 1-2 Punch DragonBled a été renforcé. On change de vitesse et arrive le 1-2-3 Punch avec l’arrivée d’Isaiah Thomas, véritable pile électrique, rare satisfaction des Sacramento Kings sur les dernières saisons. Ce dernier est là pour prolonger le plaisir, ou la souffrance de l’adversaire plutôt.

Le GM des Suns, Ryan McDonough, a estimé qu’on manquait de mordant quand Bledsoe ou Dragic n’était pas sur le parquet. On a aussi souffert de l’absence de Bledsoe sur quasiment la moitié de la saison. Pour palier toute éventualité, il a donc signé un autre meneur de renom et de talent. Toujours mettre plus de pression sur le dos de l’adversaire et proposer des problèmes insolubles. Non seulement nous allons courir tout le temps, mais maintenant on le fera avec la même fréquence. On bloque le pied et on appuie sur le champignon, éternellement. Une symphonie frénétique.

Le départ de Frye fait le bonheur des autres. Et notamment celui de Markieff Morris, véritable révélation de l’exercice 2013-2014. Ce dernier intègre de manière permanente le cinq de départ et apporte une réelle valeur ajoutée. Ce qu’on perd en shooting pur est récupéré en vitesse d’exécution. Markieff est aussi un excellent passeur, il est doté d’une vision de jeu très nettement au dessus de la moyenne pour un jeune intérieur. Il devrait beaucoup nous aider à fluidifier notre jeu. Et là dessus, notre marge de progression est infinie puisque nous avons fini derniers en nombre de passes décisives par match…On ne peut que faire mieux.

Défensivement, là encore peu de choses devraient changer. Bledsoe est une force à lui tout seul dans ce secteur. Si il est épargné par les blessures, Phoenix sera automatiquement plus solide. le point d’interrogation reste notre fragilité pour protéger la raquette. C’est un problème récurrent chez les Suns…depuis leur arrivée dans la grande ligue, plus ou moins. Mike Longabardi, l’hyper talentueux assistant défensif d’Hornacek a néanmoins trouvé le bon dosage en proposant beaucoup de switch et d’aides alternées sur le porteur adverse pour désynchroniser l’équipe adverse, avec un certain succès souvent. En homme à homme, Phoenix a très peu de bons joueurs défensifs. Bledsoe, Tucker (il parait) et c’est tout quasiment. Il faut donc le faire collectivement, et on compte aussi sur notre jeune vécu pour progresser dans ce domaine.

EFFECTIF

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GORAN DRAGIC aura à coeur de confirmer son trophée de Most Improved Player acquis de main de maitre. Joueur majeur des Suns, il a dû être au four et au moulin quand Bledsoe a été blessé. Il a fallu tirer sur la corde le concernant. S’il reste le patron de cette jeune garde, il faudra réussir à le préserver cette saison. Et c’est en ça que l’arrivée d’Isaiah Thomas trouve sa justification. On ne va pas le présenter, tout le monde le connait maintenant. Incroyable patte gauche, technique irréprochable, variété de moves. Le bémol, il doit absolument passer la barre des 80% de réussite aux LF car il provoque quantité de fautes.

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ERIC BLEDSOE a mis tout l’été pour se décider. On n’espérait plus le conserver tant les tractations duraient avec son agent. Fort d’un nouveau contrat astronomique (70 millions $ sur 5 ans), Bledsoe change de catégorie et de statut. De jeune star montante il doit franchir le cap et devenir le patron avec Dragic. Il a prouvé la saison dernière que c’était largement dans ses cordes bien qu’il n’ait disputé qu’une petite cinquantaine de matchs, freiné qu’il a été par sa blessure au genou.
Encore plus que PJ Tucker, Eric est celui qui donne le ton en défense. Il est en première ligne, en charge de limiter le rendement du meneur adverse. Chose qu’il sait remarquablement bien faire. Il ne faut pas se tromper, si Phoenix a mis la main à la poche c’est en priorité pour cette raison. Bledsoe fait partie des tous meilleurs défenseurs chez les arrières. Si sa marge de progression en attaque n’est pas négligeable, loin de là, sa défense en homme à homme, sa faculté à neutraliser les écrans et son talent pour gober du rebond (là encore il fait partie de l’élite chez les arrières avec un Westbrook) lui ont permis d’obtenir cette magnifique revalorisation salariale.
Charge à lui de continuer à progresser en attaque. Il est difficile de faire la fine bouche le concernant. La transition de backup de CP3 à titulaire chez les Suns, il l’a admirablement assurée. Levant tous les doutes sur sa capacité à gérer ce changement de statut, il y a de quoi être confiant pour l’avenir.

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ISAIAH THOMAS est la recrue phare des Suns. Perdu dans un marasme ambiant ayant duré plusieurs années à Sacramento, le meneur de poche avait besoin d’un changement de décor. Si de son propre aveu il pensait plutôt signer à Dallas ou aux lakers, la visite des installations des Suns et le discours des dirigeants l’ont totalement convaincu et enthousiasmé. Il a compris assez vite que dans notre système, peu importe si tu es titulaire ou pas, quand tu es meneur de jeu tu joues. Et Isaiah va jouer beaucoup, on peut vous le garantir. Comme je l’expliquais plus haut, McDonough a tiré les conséquences. L’écart d’intensité et de scoring à l’arrière entre la first et la second unit était notoire. Sans faire injure à Ish Smith qui nous a rendu de fiers services, l’upgrade est indéniable. Thomas rentre totalement dans le moule, il correspond complètement à ce qu’on essaye de mettre en place depuis un an. Sa présence va permettre de limiter les minutes de Dragic et Bledsoe tout en pérennisant la qualité de jeu. Là pour pousser le tempo au maximum il devra tout de même s’assurer de ne pas trop croquer la gonfle. L’environnement est différent de celui de Sacramento. Ici on a mis en place une culture de la gagne. C’est l’équipe avant tout. De ce qu’on a vu sur la présaison, il n’y a vraiment pas de soucis à se faire le concernant. Il a compris son rôle d’entrée. Son dynamisme et sa joie de jouer dans un contexte favorable feront le reste. IT pourrait être un candidat plus que sérieux au titre de meilleur 6e homme de la saison avec des responsabilités à la Jamal Crawford chez les Clippers.

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TYLER ENNIS est l’un des rookies draftés par les Suns cet été (18e choix). Le jeune meneur canadien de tout juste 20 ans est un « pass first » PG. Et si c’est déjà un luxe d’avoir Isaiah Thomas comme 3e PG de l’effectif, que dire d’avoir l’ancien de Syracuse…Cette saison est celle de l’apprentissage pour Tyler. Profil de meneur à l’ancienne, vrai floor general. Il va se contenter dans un premier temps d’observer et absorber comme une éponge tout ce qu’il va voir. Il a de quoi faire avec des mentors comme Dragic, Bledsoe et Thomas. Il risque de très peu jouer cette saison et pourrait passer la plupart de son temps à Bakersfield, l’équipe de D-League affiliée aux Suns.

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GERALD GREEN est le rail de coke quand l’attaque des Suns a une sinusite. Le vétéran poste 2/3 sort d’une saison époustouflante. Son profil atypique de scoreur/dynamiteur/torche humaine fait de lui une commodité plus qu’intéressante pour Phoenix. L’arrivée de Thomas devrait tout de même diminuer son temps de jeu de facto, mais en soi ce n’est pas un problème. Un joueur comme Gerald ne devrait pas avoir à être sur le parquet 30 minutes par match. Si cela arrive, c’est que vous êtes déjà les deux pieds dans la tombe. Malgré des qualités athlétiques proprement hallucinantes, Gerald n’a jamais su en faire bon usage pour défendre. Mais de l’autre côté du parquet…C’est le 14 juillet version Un Jour Sans Fin. Artilleur absolue à longue distance, Green est la poupée qui ne dira jamais non au moindre tir se présentant à lui. Quand il est dans un bon soir le cercle a 1km de diamètre, mais à l’inverse il peut aussi être de la taille d’un dé à coudre.
Hornacek a relancé le bonhomme en lui offrant une liberté totale et lui accordant une confiance sans faille. C’est tout ce dont Gerald avait besoin, d’un peu d’amour. Cette saison, l’amour pourrait être vache. Green est en fin de contrat et il est difficile de situer sa valeur sur le marché. Voire même dans notre projet à moyen terme. Un trade ne serait pas à exclure si l’opportunité se présente car on ne manque pas d’options dans ce secteur. Rôle réduit à prévoir pour lui cette saison. La vingtaine de minutes au mieux, plus ponctuellement en cas d’auto-combustion.

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ARCHIE GOODWIN est la fusion entre Michael Jordan et Kobe Bryant. Capable de féconder les femmes aussi sèches que le Désert de Gobi rien que par sa présence, d’ici 30 ans la NBA changera son logo à son effigie et les usines chinoises tourneront à plein régime pour fabriquer les Air Goodwin que le monde s’arrachera comme un vulgaire iPhone. En attendant, Archie n’en est pas tout à fait là. Ayant fini la saison dernière sur un dernier match plein de promesses et un carton au scoring, Goodwin a travaillé cet été. Beaucoup. Sur son shoot si peu académique essentiellement. On espère qu’il s’est servi de la présaison et de la summer league comme un leurre, car le moins que l’on puisse dire c’est que les progrès sont difficiles à quantifier. Souvent on dit qu’il faut qu’un jeune joueur s’acclimate à la NBA. Il faut que le jeu « ralentisse ». Avec lui c’est tout le contraire, la NBA est bien trop lente, il serait temps qu’elle accélère pour atteindre son niveau.
Couvé par Hornacek qui passe beaucoup de temps avec lui à l’entrainement, il se pourrait qu’Archie gratte du temps de jeu cette saison mais ça ne tient qu’à lui d’en faire bon usage. Phoenix compte énormément sur lui, il ne faut pas griller les étapes car il n’a que 20 ans. Patience Archie, patience. Le monde t’appartiendra bientôt.

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ZORAN DRAGIC n’est pas le Taylor Griffin qu’on croit. Si Goran est nettement plus talentueux que lui, Zoran a des qualités non négligeables qui pourraient être fort utiles dans certains passages de la saison à venir. Plus costaud et grand que son frère, l’ancien de Malaga, international slovène également, est plus un poste 2/3. Chez nous, c’est plutôt fourni dans ce secteur donc ses chances d’avoir du temps de jeu sont plus que restreintes. Cependant, ce défenseur tenace pourrait trouver sa niche dans le courant de la saison. Il se dit qu’il a été recruté juste pour poser les bases de la future prolongation de contrat de Goran l’année prochaine, c’est sans doute un peu vrai. Mais il ne faut pas se méprendre non plus, une fois terminée la période d’acclimatation à une nouvelle culture Zoran aura sa carte à jouer. C’est aussi la preuve de la profondeur de banc de Phoenix cette année.

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PJ TUCKER est et restera un Phoenix Sun pour les 3 prochaines saisons après avoir paraphé un très joli contrat d’environ 14 millions $ cet été et ce malgré un tumultueux passage d’un jour en prison. Suspendu pour 3 matchs par la ligue après avoir montré ses talents inégalables dans le levé de coude, Tucker est dixit McDonough « l’âme » de notre équipe. Personnage attachant et parfois (ok…souvent) irritant, loué pour sa défense gesticulante et oppressante, PJ est aussi le garde fou de Jeff Hornacek. Pilier du vestiaire, sa charge principale est de souder tout le groupe pour en faire une famille unie. certes, ses déboires avec la justice pourraient plaider en sa défaveur mais il faut reconnaitre que ce n’est pas un luxe d’avoir un vrai bonhomme pour taper à coups de lattes dans la fourmilière quand le besoin s’en fait ressentir. Joueur clé de notre collectif qu’on le veuille ou non. Chien de garde officiel du meilleur joueur adverse, PJ devrait (rien n’est certain) récupérer sa place dans le 5 de départ une fois sa suspension purgée. Peu d’attentes le concernant, il connait son rôle de vétéran par coeur. On espère quand même beaucoup moins le voir tenter de jouer au poste. Hustle, hustle et hustle au programme pour toi PJ. Avec de l’hustle en dessert si tu es sage.

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TJ WARREN choisi en 14e position à la draft est un pur scoreur façon old school, comme on n’en fait plus. Disciple de David West, si il y a une chose que cet ailier sait remarquablement faire c’est bien de mettre la balle dans le panier. Ce n’est pas une qualité inutile dans le basket vous en conviendrez, encore moins à Phoenix. Malheureusement blessé au doigt il faudra patienter un peu avant de le voir mettre en exergue ses compétences qui ne sont pas qu’offensives d’après Hornacek qui a loué ses instincts en défense. Joueur long qui sent remarquablement le jeu, il sait se placer pour contester les lignes de passes. On a là une version diamétralement opposée à PJ Tucker. L’un est la force brute, l’autre est plus dans la finesse. Notamment en attaque où son jeu « off the ball » est impressionnant. Capable de se faufiler comme une anguille, sa variété de moves et sa technique en font une incroyable finisseur. Des progrès notoires à faire pour être plus régulier au shoot. Compliqué de déterminer quel temps de jeu il aura, sans doute assez faible étant donnée la profondeur à son poste mais il pourrait tout aussi bien être la très bonne surprise de cette saison. Il a été un des meilleurs rookies en summer league, à surveiller de près.

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MARCUS MORRIS a pris de l’ampleur depuis que les Suns l’ont récupéré en trade à Houston pour pouvoir jouer avec son frère jumeau. Sa puissance et sa taille en font un poste 3 très solide. Le shoot primé doit être son fonds de commerce, Phoenix aura besoin de ses points en sortie de banc, à moins qu’il reste titulaire au retour de Tucker. Avec des créateurs comme Goran, Eric et Isaiah, il aura de multiples occasions de se retrouver servi dans un fauteuil pour allumer la mèche. Son temps de jeu dépendra de sa réussite dans l’exercice. Ne pas négliger son jeu en zone intermédiaire. Le long two n’est pas un tir à haut pourcentage mais il y est à l’aise, le tout est de savoir le prendre dans des proportions acceptables et en étant suffisamment démarqué. Entente parfaite avec Keef, cela va sans dire. Ils se pratiquent depuis leur plus tendre enfance, les deux se trouvent régulièrement les yeux fermés.

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MARKIEFF MORRIS a gagné ses galons de joueur majeur de l’effectif sans coup férir. Sa métamorphose s’est opérée le plus naturellement du monde. Probablement la plus belle réussite individuelle de la part d’Hornacek qui l’a enfin implanté durablement dans la raquette. Les Suns en ont rapidement tiré les dividendes et ils ont fait une excellente saison en grande partie grâce à ce réajustement. Markieff a une palette quasi complète, on s’est très largement appuyer sur lui en isolation pour nous sortir de situations désespérées. La grande nouveauté sera son intronisation dans le cinq majeur. C’est une promotion largement méritée, le rôle de 6e homme étant devenu obsolète eu égard à son rendement et son talent. Le tout sera de continuer sur cette voie, et on peut légitimement avoir quelques interrogations à ce sujet. La perte de Frye et du spacing qu’il apportait doit être compensée mais cela ne doit pas se faire aux dépens d’un Keef repositionné au large afin d’éviter l’embouteillage dans la raquette et permettre à nos arrières de pénétrer. Tâche difficile à accomplir, on ne peut pas se permettre de sous utiliser Keef. Si il est concevable de le voir s’écarter de temps en temps pour diversifier, cela ne doit être qu’occasionnel. Il est bien trop valuable dans la peinture. C’est notre seule menace intérieure digne de ce nom.

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ANTHONY TOLLIVER a été recruté pour remplacer Frye. Voilà la version officielle. En réalité, son arrivée ne trompe personne en Arizona. On sait très bien que ce 4 vétéran n’aura jamais l’aura de Channing. Essentiellement là pour faire le nombre, ce dernier sort d’une assez bonne saison à Charlotte où il a réussi à y avoir un rôle assez important. Sa précision à longue distance est l’unique qualité de son jeu, dire le contraire serait le survendre. Pour être honnête, on espère vraiment ne pas trop le voir sur les parquets. Il est un bon complément pour notre effectif mais ça s’arrête là. Moins on le verra, mieux on se portera.

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SHAVLIK RANDOLPH a transpiré jusqu’à récemment. Mais les sueurs froides sont passées, son spot de 15e homme du roster, longtemps menacé par Earl Barron en présaison, lui revient à nouveau. Et c’est mérité. Shavlik est un intérieur plaisant à avoir. Il joue dur, n’est pas manchot en attaque et s’attelle à se battre pour aller gober du rebond. C’est tout ce qu’on peut demander à un joueur de complément et il le fait à merveille. Alors pourquoi en changer? Welcome back Shav !

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MILES PLUMLEE a étonné tout son monde la saison dernière en passant de rookie totalement anonyme chez les Pacers à titulaire indiscutable aux Suns. La pauvreté de notre secteur intérieur a joué en sa faveur mais il faut avouer que mises à part les quelques semaines de creux qu’il a vécues au coeur de la saison, son apport a été spectaculaire. On a en mémoire son match à San Antonio où il enchaina quelques moves absolument savoureux digne du joueur qui le défendait en face : Tim Duncan.
Sa mission reste la même cette année. Tenir le rebond, bien défendre et perfectionner son excellente relation avec Bledsoe dans le pick & roll. C’est un joueur qui peut valoir 10pts 10rbds par soir, sans problème, mais il doit l’être de manière constante ce coup ci. Très proche de Frye, il devra prendre son envol seul. Il en est capable même si il a des progrès à faire d’un point de vue mental.

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ALEX LEN a une opportunité incroyable cette saison. L’homme de verre devra être épargné par les blessures pour passer un cap. Que dire? C’est un golgote, un monstre de taille et d’allonge. Nous ne sommes vraiment pas habitués à voir ce genre de bête dans nos contrées. Le poste de pivot c’est le parent pauvre depuis toujours à Phoenix. Mais là on a un sacré spécimen sous le coude, et on espère vraiment qu’on saura en faire quelque chose de productif. Allure pataude à corriger, il commence simplement à prendre conscience de l’enveloppe corporelle qu’il a à sa disposition. Alex est un élément d’avenir comme Goodwin, sauf qu’il va avoir une chance plus certaine de le montrer. On manque de viande, donc Alex jouera quoi qu’il arrive. Son potentiel reste à définir, drafté avec une étiquette de futur all around center, soyons patient et voyons ce qu’il pourra apporter. Une envergure pareille ne peut être qu’utile pour faire le gardien de but et protéger notre cercle. Oh Alex, si tu pouvais éclore, ce serait si bon. Tu le mérites, Phoenix le mérite aussi.