Phoenix Mercury : le bilan de la saison régulière

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La saison

Au sortir d’une élimination en Finales de Conférence l’année passée, du fait d’un banc trop tendre à ce niveau-là de la compétition, Phoenix avait à cœur de renforcer l’équipe. Un recrutement des plus tape-à-l’œil vient combler ce vide, puisque ce sont Erin Phillips, Mistie Bass et Shay Murphy qui posent leur valises dans l’Arizona. L’arrivée de Phillips permet notamment à Sandy Brondello de déplacer Penny Taylor vers le banc afin qu’elle soit la leader de la second unit.

Pourtant, le début de saison n’est pas à la hauteur des attentes que suscite l’équipe : défaites trois fois au cours des huit premiers matches, les filles du Mercury savent que quelque chose ne fonctionne pas. Malgré une Diana Taurasi impériale et une Griner qui monte en puissance, l’apport du banc reste anecdotique et le collectif peine à se mettre en place. Sandy Brondello décide alors de faire ce qu’elle a toujours fait : se baser à fond sur son cinq majeur et utiliser ses remplaçantes uniquement dans le but de reposer ses titulaires, sans attendre un énorme apport de leur part.

Elle réintroduit donc Penny Taylor dans le 5 et met Phillips sur le banc. Phillips, plus habituée que Taylor à un rôle de remplaçante, parvient à apporter le punch qui faisait défaut à sa coéquipière tandis que Taylor retrouve comme par magie son agressivité et son jeu. Les victoires s’enchaînent. Cinq. Puis dix. Puis quinze. Puis dix-neuf, soit le record WNBA. A ce moment-là de la saison, Phoenix est déjà assuré de finir en tête de sa conférence.

Quelques matches plus tard, le Mercury s’assure l’avantage du terrain pendant tous les Playoffs, et ira même battre le record de victoires sur une saison pour finir avec un bilan historique de 29 victoires pour 5 défaites. Taurasi et Griner ont brillé de mille feux, et tout l’effectif s’est trouvé pour permettre à l’équipe d’attaquer les Playoffs en tant qu’ultra-favorites. Rendez-vous vendredi soir pour le premier match face aux Sparks. Beat LA, comme on dit.

 

Diana Taurasi, quelque part entre Renaud et Tupac.

Diana Taurasi, quelque part entre Renaud et Tupac.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les matches-clés :

12 Juin : Défaite contre le Sun, 96-95.

Malgré un recrutement ambitieux, le Mercury peine à trouver son rythme de croisière et surtout le niveau qui est censé être le sien. Suite à cette troisième défaite lors des huit premiers matches, Sandy Brondello décide de réintégrer Penny Taylor dans le 5 de départ et de mettre Erin Phillips sur le banc. Phoenix va alors battre le Lynx deux fois de suite et enchaîner 19 victoires consécutives. Elles ne perdont que deux matches durant le reste de la saison régulière.

29 Juin : Victoire contre le Shock, 80-77.

Phoenix a trouvé l’équilibre et paraît désormais serein et inarrêtable. Contre le Shock, Griner sort 11 contres et bat le record WNBA tout en frôlant le triple-double. Taurasi compile 14 points et 8 passes, Taylor va chercher 10 lancers. Chacune connaît son rôle et chacune récite sa partition à merveille. Le rouleau compresseur Mercury est en route et personne ne pourra l’arrêter.

7 Juillet : Victoire contre les Sparks, 94-89.

Assurément le plus beau match de la saison. Candace Parker et Brittney Griner se livrent un duel gigantesque dans la peinture tandis que Tolliver (5/6) et Taurasi (7/10) rivalisent de précision derrière l’arc. Encore menées à 2 minutes de la fin, les filles puisent dans leurs ressources et Taylor puis Taurasi plantent à trois points pour clore ce match magnifique. Ce Mercury-là est imbattable.

 

"Toi, je vais te mettre un contre. Et toi, il va t'arriver dans la gueule."

« Toi, je vais te mettre un contre. Et toi, il va t’arriver dans la gueule. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les filles

Diana Taurasi

16.2 points – 3.8 rebonds – 5.6 passes

Malgré sa saison dantesque, Maya Moore n’est pas encore assurée d’obtenir le titre de MVP. Pourquoi ? Parce que Diana Taurasi. Désormais deuxième meilleure marqueuse de l’Histoire de la WNBA, Diana a réalisé une saison remarquable à tous les niveaux, terminant même pour la première fois de sa carrière meilleure passeuse de la saison, tout en terminant huitième au scoring après avoir longtemps squatté le top 5.

Outre les statistiques, la Lady Mamba a été la leader incontestable de Phoenix cette année, distribuant le jeu telle une meneuse (que ne sont pas réellement Taylor ou Phillips) sans oublier de rentrer son quota de tirs pour porter l’équipe, en particulier quand le chrono se rapproche de plus en plus du zéro. Une équipe du niveau du Mercury ne devrait normalement pas avoir besoin d’une joueuse ayant une telle emprise sur le jeu, mais étant donné le niveau phénoménal affiché par Diana cette année, ne pas lui confier toutes les clés de l’attaque aurait été une erreur.

Le retour de Penny Taylor dans le cinq l’a néanmoins déchargé d’une partie de ses responsabilités, et Diana en a profité pour lever un peu le pied afin de se préserver pour les Playoffs. On doit en effet noter qu’elle a pu paraître fatiguée ces deux derniers mois, ce qui s’est ressenti sur son efficacité au scoring. Phoenix aura de toute façon besoin d’elle sur cette postseason et on pourra compter sur Diana pour répondre présente. Un Rasheed Wallace dans chaque neurone, un Michael Jordan dans chaque goutte de sang, un Kobe Bryant dans chaque phalange. Ladies and Gentlemen, Diana Taurasi.

Brittney Griner

15.6 points à 58% – 8 rebonds – 3.8 contres

Il ne faisait pas bon être un layup dans la raquette de Phoenix cette année. Brittney Griner a dilaté tous les records de contres que ce soit sur un match ou une saison, et se présente en archifavorite pour le titre de Defensive Player of the Year. Parfois minée par les fautes l’an dernier, ou peinant à prendre la position en attaque, Griner a peu à peu gommé ses lacunes pour devenir l’une des toutes meilleurs joueuses de la ligue et de très loin sa meilleure poste 5.

Alors qu’elle luttait encore en début d’année pour se tenir à l’écart des problèmes de fautes, Brittney a trouvé le juste milieu entre aller au contre et se livrer. Bien sûr, elle reste encore un diamant à polir, mais ses progrès énormes cette année ne font que tomber plus de bave de nos bouches quand on réfléchit à son potentiel dément. Pierre angulaire de la défense du Mercury, elle a également su devenir un réel point de fixation en attaque, tournant à un plus que solide 15.6 points de moyenne qui lui permet de se hisser dans le top 10 des meilleures marqueuses.

Initialement peu à l’aise dans l’attaque rapide du Mercury puisqu’elle est davantage une joueuse de demi-terrain, Griner a su se rendre essentielle grâce à sa capacité à prendre le poste bas et scorer dos au panier, secteur dans lequel la jeune sophomore a fait d’énormes progrès depuis l’an dernier. De plus en plus à l’aise pour ressortir la balle sur des prises à deux même si elle perd encore parfois trop de ballons, Brittney peut encore devenir largement plus forte que la joueuse qu’elle est actuellement, c’est-à-dire déjà une joueuse titulaire au All-Star-Game, promise au titre de DPOY et filant tout droit vers la All-WNBA 1st team. Imaginez.

Candice Dupree

14.5 points à 53% – 7.6 rebonds

Candice a fêté cette année sa quatrième sélection au All-Star Game, et si celle-ci est bien évidemment en grande partie due au bilan historique du Mercury, l’ailière n’a pas démérité pour aller chercher son invitation au match des étoiles. Capitale dans le spacing de l’équipe de par son efficacité à mi-distance, Dupree a encore une fois impressionné par  sa régularité et son apport à chaque match.

Concrètement, sans Candice le Mercury n’aurait pas été la machine de guerre qu’il a été cette année tant son apport offensif est primordial. Candice shoote dans le périmètre, Candice se crée ses tirs, Candice finit au panier comme personne. Candice est All-Star et Candice ne l’a clairement pas volé.

Penny Taylor

10.5 points – 3.1 rebonds – 3.1 passes – 1.2 interceptions

En perdition dans le rôle de leader de la second unit que lui avait confié Sandy Brondello, Penny a retrouvé de l’allant une fois réintégrée dans le cinq. Sa première partie de saison fut vraiment poussive, car si Penny est habituée à exceller dans un rôle de complément aux côtés de Taurasi, cette responsabilité d’être la première option offensive parmi les remplaçantes était loin de lui être familière, d’où ses difficultés et la décision de Brondello de revenir à une utilisation plus classique de l’arrière de 33 ans.

On aurait pu croire qu’elle était finie, qu’elle avait perdu son jeu et son explosivité, il n’en était rien. Déchargée du poids de responsabilités qu’elle ne se sentait pas d’endosser, Penny a retrouvé son premier pas, son drive, sa faculté à aller chercher des lancers et surtout sa vision du jeu. Désormais inamovible élément de ce Mercury historique, on attend de Penny qu’elle maintienne ce niveau tout au long des Playoffs. « Penny hits… Money ! My Taylor is rich ! »

DeWanna Bonner

10.4 points – 4.1 rebonds – 1.4 interceptions

Seule membre du cinq majeur à n’avoir jamais goûté au All-Star Game, Bonner reste une joueuse-clé de l’équipe de par sa défense –jetez un œil à ses bras interminables- mais aussi sa capacité à s’écarter du cercle pour créer de l’espace pour Brittney Griner. Le duo qu’elle forme avec Dupree garantit à Griner d’avoir le champ libre dans la peinture et toutes deux savent sanctionner à mi-distance quand cela est nécessaire. Avoir une joueuse de ce niveau en tant que cinquième option est un luxe qu’aucune autre équipe ne peut se permettre.

Erin Phillips

5.8 points – 2.2 passes – 45% à trois points

Il convient avant toute chose de saluer la mentalité exemplaire dont a fait preuve Erin Phillips tout au long de la saison. Propulsée titulaire en début de saison, la transfuge du Fever a proposé des prestations convaincantes aux côtés de Taurasi, et ne doit son retour sur le banc qu’aux difficultés de Penny Taylor à s’adapter à son nouveau rôle. Sans broncher, Phillips a accepté cette rétrogradation, qui s’est accompagnée d’un temps de jeu moindre, de moins de ticket shoots, mais d’aucune plainte de sa part.

Plus encore, elle s’est montrée bien plus convaincante que Taylor dans ce rôle de remplaçante, parvenant à insuffler le dynamisme qui faisait cruellement défaut à sa partenaire et amenant ainsi le renfort en sortie de banc promis cet été. Une fois Penny au repos à l’approche des Playoffs, Erin a retrouvé une place dans le cinq qu’elle a fêté avec 21 points, 4 rebonds et 4 passes. Solide.

Le banc

Fidèle à ses habitudes, Sandy Brondello a préféré se baser sur son cinq majeur et a donc utilisé son banc avec parcimonie. Dans ce contexte, Mistie Bass, arrivée de Connecticut avec de belles références, a su tirer son épingle du jeu en tant que doublure de Griner, compilant 4.4 points et 3.2 rebonds en 14.5 minutes de jeu. On aurait été en mesure d’attendre davantage d’elle mais son manque d’expérience au poste de pivot et son temps de jeu limité expliquent ce rendement inférieur à ses deux années au Sun.

Mis à part Shay Murphy qui a pu obtenir une douzaine de minutes derrière le trio Taurasi-Taylor-Phillips, l’apport des autres remplaçantes aura été anecdotique du fait de leur faible temps de jeu. Ewelina Kobryn, seule véritable poste 5 derrière Griner a fait les frais des bonnes performances de Mistie Bass à l’intérieur et a été très peu utilisée, tout comme Anete Jēkabsone et la rookie Tyffany Bias dont on aura peu eu l’occasion d’admirer l’adorable sourire.

 

Le rébus WNBA

Une star de la WNBA se cache dans ce rébus. Sauras-tu la retrouver?

Rébus Mercury

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Warrior Blackkid

    Maya Moore ?