Au delà du mirage, la route est toute tracée

"Attendez, répétez pour voir? Comment ça j'ai oublié de mettre des team options sur le contrat de Bledsoe?"

De toute évidence, cet homme là ne nous avait pas menti. Depuis sa prise de fonction en tant que GM des Suns l’année dernière quasiment jour pour jour, Ryan McDonough a fait son chemin. Et quel parcours accompli en si peu de temps. Au sortir d’une piteuse saison post trade Nash qui s’était soldée par un bilan cataclysmique 25-57, l’enfant du Massachusets formé dans l’ombre de Danny Ainge, débarquait dans l’Arizona en terrain loin d’être conquis.

Nul besoin de rappeler la réussite insolente que ce dernier a eu dans chacune de ses initiatives, tel un chercheur d’or tapant dans le mille à chaque coup de pioche. Au delà du redressement spectaculaire qu’il a orchestré de main de maître en ramenant Phoenix, sinon vers les sommets, dans une situation assez proche de ses standards habituels. Entouré d’un coaching staff talentueux et travaillant main dans la main, Ryan McDonough a réalisé un sans faute, et il l’a fait avec une aisance et une rapidité quasi inégalables.

Moi le premier je savais qu’on avait pris la bonne décision en l’engageant. De sa conférence de presse introductive émanait une force et une détermination qui donnaient du poids à ses paroles. Mais jamais, même dans mes rêves les plus fous, je m’étais imaginé qu’il parviendrait à exécuter son plan bien établi en si peu de temps. Se remettre d’une décade magique sous la houlette du sorcier Steve Nash ne semblait pas possible. Nous étions en très mauvaise posture avec un effectif sans leader, assez vieillissant et sans la moindre envergure athlétique.

Malgré cela, Ryan avait fait preuve d’assurance. Il promettait la lune à la franchise du soleil. 1 an plus tard, il l’a décrochée. Les faits sont là. Une saison à 48 victoires, des PO manqués d’un cheveu, un effectif rajeuni, dynamique, solidaire, faisant preuve d’une grande camaraderie sans failles, un style up tempo cher à notre culture et une inventivité retrouvée avec un lineup à deux meneurs. Ce côté précurseur qui nous plait tant et nous rend fiers, nous les fans, quand on a connu l’émergence du fameux Seven Seconds Or Less de Mike D’antoni.

Nous avons vraiment de quoi se gargariser. Pourtant, finalement, nous n’avons absolument rien gagné cette saison à priori. Finir à un souffle des Playoffs n’a pas permis de totalement valider notre retour au premier plan. Cependant, les pieds au SSOL nous avons touché du doigt le soleil. Et quand McDonough promettait qu’il remettrait la franchise d’aplomb et la rendrait attractive à nouveau, on pouvait penser qu’il ne faisait simplement que de la bonne vieille communication pour s’attirer les louanges.

Il y a un an tout le monde le prenait quasiment pour un fou et lui promettait l’enfer. Maintenant, toute la ligue le respecte et ça se traduit actuellement de la meilleure des manières. En cette période de transferts, Phoenix a pour la première fois une place de choix à la table des négociations, armée d’une flexibilité financière sans égal et d’une attractivité renaissante. D’ici quelques jours, des cartes importantes auront été abattues. LeBron James choisira sa destination. Et si nous souhaitons ardemment sa venue et savons sans le moindre doute que Ryan McDonough met absolument tout en oeuvre pour réussir ce pari totalement utopiste, quoi qu’il advienne, Phoenix sortira toujours gagnant. Avec ou sans le meilleur joueur du monde. Car plus qu’un franchise player nécessaire pour aller titiller les sommets, Phoenix est face au soleil, et il est radieux, et il saura nous montrer la route à suivre. Puisque ce soleil, c’est son franchise manager, Ryan McDonough.