Fan Fiction : The Kevin Love trade

"Alors Kevin, vos premières impressions sur Phoenix? -Franchement il fait plus chaud."

20 février 2014. Alors que la trade deadline est à peu près aussi peu animée que l’année précédente, Adrian Wojnarowski lâche une info comme lui seul en a le secret : Kevin Love est transféré dans le cadre d’un deal à trois équipes. La toile s’enflamme, on attend des précisions, et elles ne tardent pas à tomber : les trois équipes impliquées sont les Wolves, of course, les Bulls et les Suns. Love partirait à Phoenix tandis que Frye et Boozer rejoindraient les Wolves. Chicago récupère le contrat expirant d’Emeka Okafor ainsi que Luc Mbah A Moute. Des tours de drafts seraient impliqués, mais pour le moment rien de précis.

Les informations tombent peu à peu dans la soirée, la NBA valide le deal et l’échange est expliqué en détail. Outre Frye et Boozer, Minnesota récupère le premier tour de draft des Suns ainsi que celui des Wizards, qui était à Phoenix, de même que celui des Lakers en 2015, également en provenance de l’Arizona. Chicago, à poil au niveau des picks, récupère celui de Minnesota -qui était chez les Suns- ainsi qu’un second tour en 2016 de la part des Wolves. Phoenix ne récupère aucun pick, mais mais la main sur le MVP du All-Star Game (32 points – 18 rebonds) et conserve le premier choix 2014 d’Indiana.

Pour Chicago, le but est clair : après avoir liquidé Deng, les Bulls font de la place pour accueillir un free agent qui pourrait bien être Carmelo Anthony. Le leader des Knicks rejoindrait une équipe armée pour le titre tout en jouant dans le fief de Jordan, dont il est l’égérie de la marque. Avec deux tours de draft et un joueur au profil relativement similaire à Mbah A Moute, les Bulls font une bonne affaire, sans compter le fait qu’ils se séparent de Boozer sans avoir à l’amnistier : ils ne paieront donc pas ses deux années de contrat restant, ni celui d’Okafor, pris en charge à 80% par son assurance.

Du côté de Minnesota, les mauvais résultats et les bruits de couloirs rapportant que Love ne prolongerait pas se sont fait insistants, et ont poussé la franchise à agir. La contrepartie n’est pas des moindes : outre Boozer et Frye qui présentent des profils assimilables à celui de Love, ils reçoivent deux bons premiers tours de draft dans la très prisée promotion 2014 et un autre dans la draft suivante. Même en perdant Derrick Williams et Kevin Love la même année, Minny peut maintenir le cap avec un secteur intérieur Boozer-Frye-Pekovic qui ne risquera pas de se marcher sur les pieds et des tours de draft à la pelle dans les années à venir.

A Phoenix, le pari est osé. Le collectif tournait bien et les quatre premiers tours potentiels dans la draft à venir auraient pu permettre d’ajouter du talent à l’effectif. Mais en terme de talent, Kevin Love vaut sans doute largement tous ces picks, et il a prouvé à Minny qu’il pouvait jouer sur du up-tempo. Ryan McDonough a également conservé le pick des Pacers et son second tour de draft, il ne se retrouve donc pas complètement nu. Pour Hornacek en revanche, il doit reconstruire une équipe avec l’arrivée du triple All-Star.

McDonough peut avoir le sourire : il tient sa superstar.

McDonough peut avoir le sourire : il tient sa superstar.

Les premières semaines ne sont pas éblouissantes : Love peine à trouver ses marques dans l’attaque de Phoenix et perd trop de balles sur transition, tout en abusant du shoot à trois points, déjà son pêché mignon aux Wolves. A la fin du mois de février, il pointe à un piteux 28% derrière l’arc malgré ses 7.4 tentatives par match. Dragic, auréolé de sa première sélection All-Star, voit son efficacité diminuer car Love préfère jouer en isolation plutôt que d’effctuer le pick’n'pop si efficace avec Frye. Les Suns enchaînent cinq revers consécutifs.

Désormais neuvièmes à l’Ouest, les choses sont graves pour les hommes d’Hornacek. Le retour d’Eric Bledsoe est difficile, il ne parvient pas à retrouver son explosivité et ne peut jouer plus de vingt minutes par match. A l’inverse, Minnesota marche du feu de dieu avec un Boozer qui s’éclate à mi-distance sous la houlette de Rubio au point qu’on évoque son niveau à Utah, et un Frye encore plus efficace avec Pekovic à côté. Les Wolves se rapprochent peu à peu des Suns.

Réunion de crise, Hornacek tape du poing sur la table. Il veut que Love joue davantage au poste. Avec Pekovic aux Wolves, il était normal qu’il s’écarte, mais Plumlee n’a pas l’efficacité du Macédonien près du panier et Love doit l’assister, d’autant que l’éphémère Pacer essuie en défense les errances du transfuge de Minneapolis -il tourne à 4 contres de moyenne sur la période. Depuis le poste bas, Love devra servir les shooteurs. A mi-distance, il pourra shooter, mais à trois points, seulement lorsqu’il est ouvert.

Les consignes sont entendues par Love, et le rouleau compresseur Suns se met en route. Dès le match suivant face aux Clippers, Phoenix écrase son adversaire de 20 points. Dragic termine à 14 passes décisives et Love à 42 points à 16/20 aux shoots dont 4/5 à trois points. Bledsoe a muselé Chris Paul. L’équipe a été efficace comme jamais derrière l’arc. Et ce n’est qu’un début, car les Suns vont marcher sur le reste de la saison régulière.

Sur la lancée du match face à Lob City, Phoenix va remporter 16 matches consécutifs. Sur la période, Love tourne à 36 points à 51% et 43% à trois points, avec en point d’orgue une performance à 58 points et 24 rebonds pour son retour à Minnesota. Les Suns s’essouflent un peu dans les dernières longueurs, mais terminent à la 5e place à l’Ouest : ils affronteront les Blazers au premier tour des Playoffs.

Défaits par trois fois par Phoenix au cours de la saison régulière, dont deux avant le transfert, les joueurs de Portland avouent craindre ce matchup, d’autant qu’eux aussi ont chuté en fin de saison, en même temps que leur réussite au shoot baissait. Pourtant, ils remportent les deux premiers matches dans leur salle, avec notamment 44 points d’Aldrige au Game 2. Dragic, trop esseulé, termine à 31 points mais seulement 2 passes.

La série revient à Phoenix, où les hommes d’Hornacek écrasent leurs adversaires. Deux victoires de plus de 20 points où le duo All-Star Dragic-Love aura parfaitement été épaulé par Bledsoe, auteur de 20 et 21 points mais aussi Miles Plumlee, qui tient Aldridge à un piteux 8/36 sur les deux rencontres. Portland a été trahi par son shoot, la série repart dans l’Oregon,. A 56 secondes de la sirène, Love, sur son 8e trois-points du match, remporte le match pour les Suns. Dragic et Bledsoe finissent le travail sur la ligne, Phoenix reprend l’avantage du terrain.

Le Game 6 à Phoenix est une formalité. Portés par les 14 points de Dragic dans le premier quart et les 18 de Gerald Green dans le second, les Suns retournent aux vestiaires avec une avance confortable de 24 points. Malgré un 21-4 passé par les Blazers en fin de troisième, portés par un Lillard déchaîné, Phoenix retrouve son sérieux et s’impose 118-107. Le triple-double de Batum n’y changera rien, Phoenix est en demi-finale de conférence.

"Alors Kevin, vos premières impressions sur Phoenix? -Franchement il fait plus chaud."

« Alors Kevin, vos premières impressions sur Phoenix? -Franchement il fait plus chaud. »

Face à eux se dresse l’ogre de la saison régulière, le Thunder de Kevin Durant, MVP pour la première fois de sa carrière. Durant a piétiné les Wolves au premier tour, tournant à 44 points de moyenne pour un sweep sans appel. Westbrook n’a pas été en reste avec deux triple-doubles sur les quatre matches. Le trio WB-Sefolosha-Ibaka semble en mesure de tenir son homologue Bledsoe-Dragic-Love, et l’inquiétude se fait sentir en Arizona malgré l’élimination des Blazers.

Le premier match restera dans l’Histoire de la NBA. En triple prolongation, Durant inscrit 65 points pour répondre aux 57 points – 34 rebonds de Love et aux deux triple-doubles de Dragic et Bledsoe. Westbrook n’est pas en reste avec 43 points et c’est lui qui inscrit le shoot de la gagne, après que Durant ait égalisé par deux fois au buzzer pour arracher les deuxième et troisième prolongations. Sans doute plombés par ce scénario, les Suns ne montrent aucune envie au match suivant et perdent sur le score sans appel de 101-72.

La série revient à Phoenix, qui remporte le premier match grâce aux 32 points de Dragic et aux 21 de Bledsoe. Love a semblé aussi peu à l’aise qu’au match précédent et on le voit mal peser face à Ibaka, récemment nommé dans la All-Defensive 1st team. OKC remporte le Game 4 à Phoenix et n’a plus qu’à finir le travail à la maison. Une nouvelle fois, Love n’a pas existé, terminant à un petit 4/22 et 6 tirs contrés.

Le power forward All-Star est toujours aussi peu à l’aise lors du Game 5 dans l’Oklahoma, et se voit contraint de retourner sur le banc après deux fautes en trois minutes. Son remplaçant, Markieff Morris, est lui en feu. Le 6e homme de l’année, déjà plutôt efficace lors des quatre matches précédents (15.2 points de moyenne) prend feu et pointe déjà à 26 unités à la mi-temps. Ibaka en est déjà à 4 fautes.

Enfin libéré du contreur espagnol, Love retourne à l’intérieur où il met Perkins et Adams à l’amende. Il alterne à nouveau entre jeu poste bas et tirs à trois points de façon judicieuse pour permettre à Phoenix de mener 90-85 à la fin du 3e quart. Durant inscrit 22 points dans le dernier acte, mais il est trop seul. Phoenix s’impose et reste en vie.

Les Suns remportent sans ciller le Game 6 chez eux, et retournent à OKC pour un Game 7 qui sent la poudre. En effet, Dragic et Westbrook se sont battus au match précédent mais n’ont pas été suspendus par la ligue. Dès le début de ce septième match, le meneur d’OKC veut se faire justice lui-même, abuse des tirs en première intention et gangrène le jeu de son équipe, alors qu’en face Dragic bat le record des Playoffs avec 14 passes décisives dans le premier quart. L’écart est fait, le Thunder ne reviendra pas. Phoenix est en finale de conférence.

Comme si c’était écrit d’avance, ce sont les Spurs qui se dressent désormais devant les Suns. Faciles vainqueurs des Warriors puis des Clippers, les troupes de Popovich n’ont perdu qu’un match depuis le début des Playoffs là où celles d’Hornacek ont du batailler dans des séries en 6 et 7 manches. Pourtant, ce sont les Suns qui frappent les premiers : San Antonio est défait dans sa propre salle, dominés par un Love intenable qui inscrit 46 points et un Dragic au four et au moulin qui enregistre un nouveau triple-double. Tony Parker est limité à 8 points et 4 passes par un Bledsoe des grands soirs.

Même couplet pour le Game 2 : les Spurs se laissent griser par le jeu rapide de Phoenix et encaissent 128 points. Bledsoe bat son record en carrière avec 41 points, tous nécessaires face aux 38 unités de Parker. Charles Barkley, interrogé sur les difficultés de Duncan (6 et 8 points) est sans appel : “He is too old for this shit.” Les Spurs vont devoir aller gagner à Phoenix alors qu’ils ont été incapables de trouver des solutions chez eux.

"C'est dur à accepter, parce que j'ai donné le meilleur de moi-même. Mais nous reviendrons plus forts l'an prochain."

« C’est dur à accepter, parce que j’ai donné le meilleur de moi-même. Mais nous reviendrons plus forts l’an prochain. »

Popovich a été clair avec ses troupes : il faut ralentir le jeu et forcer les Suns à jouer sur demi-terrain, là où les Spurs sont supérieurs. La machine Phoenix est grippée, ils n’ont inscrit que 54 points après trois quart-temps, à un piteux 31%. San Antonio mène même de 25 points à 8 minutes de la fin, et les benchers rentrent sur le parquet.

C’est le moment que choisit Dragic pour un remake de 2010. Le Slovène va marquer 24 points d’affilée pour passer un 24-3 aux Spurs et revenir à 85-81 à une minute de la fin. Popovich a tout tenté, temps morts, retour de ses titulaires, mais rien n’y fait. Ses starters ne sont plus dans le ryhtme alors que les Suns brillent de mille feux. Love inscrit deux tirs à trois points, puis Parker égalise avec un layup compliqué à 12 secondes de la fin.

Bledsoe récupère la remise en jeu de Love, tente un drive, ressort sur Dragic qui est bien défendu par Leonard. Il parvient à décaler Gerald Green dans le corner, qui feinte le tir. Ginobili ne tombe pas dans le piège, Green est obligé d’envoyé une brique par dessus l’Argentin alors que le buzzer retentit. Ficelle. Les Suns remportent le match, Gerald Green hurle sa joie et embrasse fièrement le soleil sur son maillot.

Les Spurs sont tellement abattus que le Game 4 est une formalité. Dragic (42 points au match précédent) pointe déjà à 26 unités à la fin du troisième quart, Love à 34 et Morris à 18. Les Spurs sont à -36, c’en est trop pour Popovich, qui envoie ses remplaçants sur le parquet et ses titulaires au vestiaire. Phoenix s’impose 134-91 dans un blowout sans nom pour des finales de conférence sans appel : 4-0.

Les All-NBA Teams tombent : Love et Dragic figurent tous deux dans la seconde, ce qui vient récompenser une saison exemplaire et surtout un run fabuleux après le trade avec les Wolves et les Bulls. Bien entendu, le parcours des Suns en Playoffs a impacté les votes, puisqu’on retrouve par exemple Eric Bledsoe en bonne position, même s’il ne figure dans aucune des équipes.

Pendant ce temps, le Heat a peiné à l’Est, mais s’est offert le droit de venir défendre son titre. Le Game 7 face aux Nets en Finale de Conférence a été entaché d’une erreur d’arbitrage grossière qui a conduit à l’explusion de Deron Williams au début de la prolongation. Sans leur meneur (23.4 points et 12.6 passes de moyennes sur les Playoffs) les Nets n’ont pas fait le poids, et leur réclamation auprès de la NBA n’a mené à rien. Le Heat se doit de montrer au public qu’il est capable de gagner sans les arbitres, il doit se racheter face aux Suns.

Démonstration de force de la part du champion lors du Game 1 : les Suns shootent à 38%, le Heat s’impose sans difficulté. Le Game 2 en revanche est plus disputé : Love rentre absolument tout face à Bosh, tandis que Bledsoe paralyse Dwyane Wade. Phoenix récupère l’avantage du terrain grâce à cette victoire 108-104. La série part dans l’Arizona.

Tout le gratin des anciens est présent dans la salle pour ce Game 3 : Dan Majerle, Kevin Johnson, Steve Nash, Raja Bell, et même Boris Diaw, pourtant éliminé avec les Spurs la semaine passée. Toujours aussi classe, le capitaine de l’équipe de France déclare que “Même si j’ai été éliminé par Phoenix, jamais je n’oublierai ces années passées aux Suns. Cette franchise a fait de moi l’homme que je suis aujourd’hui, et ma reconnaissance va bien au-delà des rivalités qui peuvent exister avec San Antonio.”

Sans doute un peu intimidés par l’évènement, les Suns peinent à rentrer dans le match, au contraire d’un LeBron James qui rentre 5 de ses 6 premiers tirs. Bledsoe parvient une nouvelle fois à contenir Wade, mais Bosh s’amuse avec Love et Plumlee sort rapidement pour deux fautes. Un bon passage du banc dans le deuxième quart permet à Phoenix de limiter les dégâts, mais ils repartent aux vestiaires avec un retard de 14 points.

La deuxième mi-temps est d’un tout autre acabit, et on retrouve l’équipe des Suns qui avait piétiné les dernières semaines de saison régulière. Love inscrit 32 points, Green 24 et Morris 19. Les 37 points de James sont insuffisants, Phoenix s’impose à nouveau, 121 à 112. Le Heat est au dos du mur, Wade se plaint en conférence d’après-match de la défense de Bledsoe, il dénonce trop de fautes non sifflées de la part du meneur arizonan. James invite ses coéquipiers à hausser leur niveau de jeu s’ils veulent remporter le titre. Bosh pleure.

Les Suns peuvent prendre une grosse option sur la suite de la série s’ils s’imposent au Game 4, et c’est ce qu’ils vont faire. 42 points de Love qui fait une nouvelle fois vivre un cauchemar à Chris Bosh, et 24 points – 13 passes de Dragic, c’est suffisant pour mettre Miami hors de portée. 103-88 c’est le score final, Phoenix aura l’occasion de boucler la série dès le prochain match à l’US Airways Center.

"On ne peut pas continuer à jouer comme ça. Je ne dois pas être obligé de mettre 50 points pour que nous puissions gagner."

« On ne peut pas continuer à jouer comme ça. Je ne dois pas être obligé de mettre 50 points pour que nous puissions gagner. »

Mais le Heat ne l’entend pas de cette oreille. Mario Chalmers, plutôt en vue lors du match précédent (27 points) hurle sur son secteur intérieur. Chris Bosh, qui avait sans doute besoin de ce coup de fouet, retrouve son tir mi-distance et joue enfin les yeux dans les yeux avec Love. PJ Tucker abat un boulot monstrueux sur LeBron, mais le King parvient à se défaire de la défense du cubique ailier arizonan pour pointer à 22 points à la mi-temps. Phoenix n’est qu’à huit points, mais c’est un miracle tant ils ont du lutter.

Love et Bosh continuent leur match de H-O-R-S-E et LeBron son festival alors que Wade est, comme depuis le début de la série, aux abonnés absents. Gerald Green sort de sa boîte pour rentrer 3 tirs à trois-points, imité par Marcus Morris. Leandro Barbosa commet sa 4e faute sur Chalmers et doit rejoindre le banc. Goodwin fait sa première apparition de la série, et manque un dunk tout seul sur contre-attaque. Miami conserve son avance mais devra s’accrocher dans le dernier quart.

Bledsoe prend sa 5e faute dès les premières minutes du quart-temps et rejoint le banc à son tour, remplacé par Barbosa qui se fait siffler un passage en force sur son premier ballon. Dragic reprend la mène, avec Green à ses côtés et Marcus Morris sur l’aile. Plumlee n’est qu’à deux fautes et il a déjà réalisé six contres. A six minutes du terme, Love ressort depuis le poste sur Green à trois points. Ficelle. 95 partout.

LeBron prend les choses en main. Il inscrit deux and-one consécutifs puis décale Bosh à trois points. Les Suns ont du mal à répliquer, mais Markieff rentre à son tour deux shoots compliqués. Love semble épuisé, Hornacek fait rentrer Alex Len pour épauler Markieff. L’Ukrainien contre Wade, Dragic remonte rapidement le terrain et va provoquer la 5e faute de James. Il rentre ses deux lancers. Sur la possession suivante, Barbosa marque un nouveau trois-points. 104 partout avec une minute à jouer.

La défense des Suns sur la possession du Heat est un modèle du genre. Miami fait tourner la balle sans trouver la faille et Bosh doit prendre un tir casse-croûte au bout des 24 secondes. L’arbitre siffle une faute litigieuse sur Love, mais Bosh ne rentre qu’un des deux lancers. 105-104 Miami. Hornacek prend son avant-dernier temps mort, et dessine un système pour Gerald Green. Chalmers intercepte la remise en jeu et va marquer tout seul. 107-104 pour les champions en titre, il reste 27 secondes.

Pas de temps mort pour Phoenix, Dragic remonte la balle, feinte le shoot à trois points. Wade mord à la feinte et se jette sur lui. Dragic jette la balle vers le panier, mais les arbitres ne sifflent pas la faute. Rebond offensif de Love, qui marque et provoque la 6e de LeBron. Il rentre le lancer. 107 partout, 11 secondes au chrono avec la dernière possession pour le Heat qui devra faire sans son leader, encore une fois auteur d’un match plein, 33 points – 8 rebonds – 14 passes.

Wade récupère la remise en jeu, laisse tourner l’horloge, et se lance dans un drive avec Bledsoe sur le dos. Il ne peut partir au panier et ressort vers Ray Allen à trois points, qui déclenche son shoot… Mais c’est contré par Green. Plumlee lance le ballon depuis son camp vers le panier adverse alors que le buzzer retentit, c’est bien évidemment manqué. Prolongation.

Alors que les deux équipes retournent vers le banc, un coup de sifflet retentit. L’arbitre qui était à côté d’Allen assure avoir vu le vétéran du Heat tirer le maillot de Plumlee sur le dernier tir. La décision est difficile à prendre, d’autant que ce cas de figure n’autorise pas l’utilisation de la vidéo. Les trois arbitres discutent sous les huées de l’US Airways Center, qui vient de voir le ralenti proposé à l’écran géant, où Allen accroche clairement le maillot de Plumlee au moment du shoot.

L’arbitre central, sans doute inquiet à l’idée de générer un mouvement de foule, accorde les trois lancers. Miles Plumlee, sophomore, 51% aux lancers sur la saison, se présente sur la ligne avec trois chances de remporter le premier titre NBA de la franchise. Le chrono est arrêté. S’il rentre un des trois, Phoenix est champion. S’il les manque tous, prolongation.

Plumlee tremble comme une feuille. Dans un silence de cathédrale, il tire le premier. Airball. La pression semble trop pesante pour les épaules du jeune pivot, livide. Il tire le second, trop à gauche, mais le ballon rebondit contre la planche et retombe dans le cercle. Pour finalement ressortir. Dernière chance. Miné par les cris de déception de la foule, Plumlee envoie un dernier lancer qui semble beaucoup trop court. Il heurte l’avant du cercle, rebondit une fois, puis deux, puis rentre. Les confettis oranges et violets tombent du plafond, les spectateurs envahissent le terrain, Phoenix est champion pour la première fois de son histoire.

Dans un océan de paillettes et de confettis, le parquet de l’US Airways Center ressemble à une plage orange et violette. Dragic est en larmes dans les bras de Steve Nash, lui aussi en train de pleurer. Kevin Love est avec sa famille, qui aura assisté à tous les matches des Finales. Hornacek danse avec Charles Barkley et Dan Majerle sur la touche, Eric Bledsoe se roule dans les confettis pendant qu’Archie Goodwin découpe le filet du panier.

Pour la première fois de l’Histoire, Adam Silver remet le trophée O’Brien, et pour la première fois de l’Histoire, un joueur des Phoenix Suns le soulève. Dragic, le visage rougi par les larmes, exhibe le trophée à la foule tandis que Kevin Love (36.4 points – 14.8 rebonds sur la finale) est nommé MVP. Encore bafouillant, Goran s’adresse à la foule dans son anglais toujours aussi approximatif. Assurément un grand moment de communion entre les Suns et leur public.

Ryan McDonough, une bouteille de champagne à la main, jubile. Auréolé de son titre de dirigeant de l’année, son pari de lacher les tours de draft qu’il avait mis si longtemps à acquérir s’est avéré payant. PJ Tucker arrive en conférence de presse en slip, avec un masque à l’effigie de Charles Barkley. La soirée promet d’être longue, et l’avenir radieux.

 

 

 

 

  • al said

    Toujours sympa ce genre d’article :)