Markieff étrille la cavalerie

Markieff

Pour leur premier match d’une série de 4 dans leur road trip à l’est, les Suns affrontaient cette nuit Cleveland. Après une décevante mais logique défaite face aux Wizards, Phoenix se devait de montrer un bien meilleur visage. Notamment dans sa gestion en attaque où les errements ont été bien trop nombreux alors qu’ils avaient si bien géré dans ce domaine leur match face au cador de la NBA, Indiana.

Solidement accrochés à leur 7e place dans la conférence ouest et face à un adversaire qui reste somme toute assez décevant eu égard aux attentes du début de saison, il va sans dire que Phoenix était favori et avait là une occasion de démarrer en fanfare leur voyage hors de leurs bases. A PRIORI…

Car si il y a bien une formation qui s’amuse follement en première mi temps, c’est celle de Cleveland. Emmenée par un Irving studieux, un CJ Miles adroit et un frontcourt dominant en puissance et en vitesse, les cavs vont assez rapidement prendre le large sans qu’une réaction n’apparaisse possible tant les oranges (qui jouaient en gui-mauve) semblaient dépassés et surtout très peu inspirés offensivement. Un jeu stagnant, sans inspiration ni la moindre once de rythme qui va vite les pénaliser. Dragic, maitre orchestre mué en aide soignant poussant péniblement un siège roulant, ne parvenant pas à insuffler le rythme nécessaire à son équipe.

Une défense aux abonnées absents qui fragilise encore plus le tout. Phoenix n’obtient pas les stops qui permettent normalement à mettre le jeu de transition à se mettre en place, à marquer des paniers faciles, à lâcher les chevaux…Du SUNS BASKETBALL quoi. On n’en a jamais été aussi loin sur cette première mi temps tristoune qui laisse poindre un douloureux souvenir du jeu « proposé » lors de la saison précédente. Des pertes de balle non provoquées, un repli défensif au ralenti, une bataille au rebond abandonnée. Un vrai champ de mines en somme.

Seule ombre au tableau gerniquien. Markieff Morris. Mais que fait cet idiot? Il gâche le tout, il joue bien. extrêmement bien plutôt. Il va à lui tout seul offrir la résistance à cette horde de cavaliers prêt à planter leur drapeau au sommet du crane de Slava Kravtsov. L’air de rien, au milieu de ce désastre absolu, Kieff va prendre les choses en main et lancer la fronde. Il atteindra la mi temps avec un total non négligeable de 15pts et 7 rebonds. Tremble! Tremble Cleveland!! Qui arrive à la pause avec 18pts d’avance tout de même…61-43.

Veillez à mener plus largement la prochaine fois. Phoenix a appuyé sur l’interrupteur avant de revenir sur le parquet en 2e mi temps. La défense passe en mode ultra agressive. Des ajustements intelligents sans doute mis en place par notre guru du domaine, Mike Longabardi (qu’on verra d’ailleurs plusieurs fois s’époumoner le long de la ligne en haranguant ses troupes). Rien d’extraordinaire en apparence mais le décorum va totalement changer. Une semi presse tout terrain, en alternance avec des trappes sur le porteur histoire de ralentir dans un premier temps la remontée de balle de Cleveland et ainsi les sortir de leur zone de confort en les obligeant à précipiter leurs actions offensives une fois l’étau passé.

Choix judicieux car l’effet a été instantané. Phoenix n’encaisse pas le moindre point pendant de longues minutes tout en commençant à avoir des opportunités en jeu de transition. Les espaces s’ouvrent enfin, Frye dégaine à 3pts et ouvre le festival. De l’autre côté on s’emmêle franchement les pinceaux. Irving n’a plus d’emprise car il est cadenassé par un pressing suffocant, et Miles est beaucoup moins efficace quand il s’agit de se créer son propre shoot plutôt que de se le voir délivré sur un plateau. Deng tente bien quelques un contre un mais le coeur n’y est pas. Le momentum a déjà changé de camp. Plumlee offrant son corps à la science du rebond, ramassant seul les échecs des joueurs de l’Ohio. Un sacrifice qui finira par être récompensé car Phoenix va survoler le 3e QT pour l’emporter 25-6. Record de l’histoire de la franchise égalé du plus petit nombre de pts encaissés.

Tout y est. Les efforts consentis en défense permettent de planer en attaque, les Cavs sont pris dans le tourbillon et commettent des fautes dans tous les sens. C’est à leur tour de perdre des balles à gogo, et d’avoir un repli défensif douteux occasionnant des paniers faciles, puis plus tard des lancers francs.

Markieff Morris, le bienheureux depuis que Hornacek lui a sérieusement remonté les bretelles lors du road trip précédent, se permet de continuer son fabuleux chantier. Tout y passe dans le répertoire, petit shoot en stepback à 4m, du 3pts, du drive après avoir attiré le défenseur pour le prendre de vitesse, des rebonds offensifs, un alley hoop avec le frangin. Un récital.
Il joue comme un très grand garçon, ce qu’il est finalement puisqu’il est entouré de son frère, de Smith, Barbosa et Green pendant un long moment. Autant dire du très small ball, mais payant puisque c’est un cinq qui permet de switcher tout et n’importe quoi en défense et de jouer sur sa vitesse pour interférer les mouvements offensif adverses.

Phoenix va avoir jusqu’à 10pts d’avance avec ce lineup puis les Cavs vont se rapprocher. Hornacek remettra, au compte gouttes, son cinq traditionnel sauf Plumlee. Des paniers de Dragic puis Frye à 3pts vont finir de rabrouer la timide résistance proposée. Les Suns terminent le boulot proprement sur la ligne et l’emportent 99-90.

Markieff Morris termine avec un saignant 27pts (8-16 aux tirs – 10-12 aux LF) et 15 rebonds

  • Gajs

    Toujours un plaisir de lire tes recaps. Espérons que vous avez gardé de l’énergie pour le match de cette nuit face aux 76ers.

    • Sébastien

      Ils ont consenti beaucoup d’efforts pour renverser le match, on va voir. Les Sixers ont un style de jeu assez proche du leur donc ça devrait convenir. En tout cas, ce serait sympa qu’ils arrêtent de jouer une mi temps sur deux.

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