Arnaque, Crime et Banc tonique

Morris twins laughing

Appelez ça comme vous voudrez, un hold-up, un vol, un braquage, un truandage, mais les Suns ont gagné. Un retournement de situation complètement improbable au vu des premiers quart-temps. Mais rien ne sert de courir, il faut partir à point. Et le lièvre s’est mangé une bonne carotte.

Car oui, le match a extrêmement mal commencé. Incapables de mettre la moindre intensité en défense, les Suns se font balader par une équipe de Denver survoltée. En attaque ce n’est guère mieux avec un Goran Dragic qui tente de forcer des fautes et qui en oublie de faire jouer ses coéquipiers. Bledsoe est effacé comme rarement, Channing Frye maladroit comme jamais, PJ Tucker inutile comme toujours. Seul Miles Plumlee se bat au rebond, mais les pathétiques tentatives de contre-attaque se soldent par des échecs ou des contres. La meilleure équipe de la ligue sur fastbreak est incapable de marquer le moindre panier sur transition.

Denver défend parfaitement sa raquette et protège son cercle avec sérieux, contraignant Phoenix à shooter en périphérie, ce que les Suns tentent de faire avec une réussite plus que douteuse. Frye (1/6) et Tucker (1/8) laissent logiquement leurs places aux frères Morris. Le jeu offensif, peu brillant jusque là, devient carrément crasseux : Markieff et Marcus forcent mauvais shoot sur mauvais shoot, et le pire, c’est que ça marche. D’un écart avoisinant les 20 points, les Suns recollent et c’est un miracle qu’ils rejoignent les vestiaires avec 14 points dans les dents tant ils en ont pris plein les gencives.

Retour des vestiaires et rien ne semble présager d’une amélioration. Miles Plumlee, qui avait déjà capté 11 rebonds, commet sa quatrième faute et rejoint le banc. Les Nuggets s’en donnent à coeur joie au rebond offensif et tentent la claquette dunk à chaque fois face à une raquette bargnaniesque. Une stratégie guère payante puisqu’il n’en rentreront qu’une seule de tout le match, et que pendant ce temps Gerald Green refait le retard à coup de trois points face à des Nuggets incrédules qui commencent à se demander à quelle sauce ils vont être mangés. Un dernier bon passage de Ish Smith qui combine bien avec les Morris et Phoenix revient définitivement dans le match. 82-72 Nuggets à la fin du 3e.

Les Suns reviennent de loin et ne vont pas s’arrêter en si bon chemin. Marcus et Markieff maltraitent les Nuggets et rien ne semble en mesure de les arrêter. Une remise en jeu dans les pieds devient un trois point immédiat de Markieff. Un drive dégueulasse avec une sortie de balle hasardeuse? Un trois point de Marcus. Une pénétration aveugle et suicidaire? Des lancers pour Markieff. Goran Dragic se réveille enfin et va inscrire quelques lay-ups : contre toute attente, les Suns sont devant. Les Nuggets, complètement désabusés, sont spectateurs du Morris show, Makieff répondant par des lancers à chacun de leurs paniers. Si bien qu’à la fin du match, c’est Denver qui doit faire faute pour espérer recoller. Peine perdue, Markieff (toujours lui) clôt la marque, Phoenix s’impose 103-99 dans un match où ils n’auront rien maîtrisé du tout du début à la fin.

Cette sensation d’avoir braqué Fort Knox avec une troupe de mecs bourrés armés de pistolets à eau est des plus jouissives. Les 64 points du banc le sont tout autant. Rendez vous compte, Markieff à 25 points (15 lancers provoqués), Green à 19 (6/12 à trois points) et Marcus à 14, ça n’arrive pas tous les jours. C’est d’ailleurs arrivé au meilleur moment, puisqu’avec leurs deux meneurs à côté de leurs pompes (Goran n’a véritablement été bon que dans le dernier quart, Eric dans aucun) ils ne pouvaient pas espérer grand chose face à cette équipe de Denver qui a été en tous points supérieure ce soir. Mais les Dieux du Basket, dont les voies sont décidément impénétrables, avaient décidé de se foutre de leur gueule et côté Suns, on a bien rigolé.

Box Den

 

  • Gajs

    A quel moment, on peut considérer les Suns comme des candidats crédibles à la post-season? Parce que si en plus de pratiquait un basket des plus plaisants ils se mettent à voler les victoires qu’ils ne méritent pas, on ne va plus jouer dans la même cour.