Rayon de soleil

La saison approchant à grands pas, se mêlent à la fois excitation, incertitude et papillons dans le ventre. Le grand tumulte de la NBA va reprendre, et pour autant qu’on connaisse très bien le manège pour l’avoir chevauché maintes fois (24e saison à embarquer à bord de Suns Airlines), il est impossible de ne pas ressentir l’envie et l’appréhension. C’est en plein coeur de l’automne que les couleurs apparaissent avec le plus de netteté. Orange et violet sont d’une clarté absolue. Phoenix a, peut être pour la première fois depuis bien longtemps, une vue imprenable sur le soleil. Au delà des nuages se dresse fièrement le zinc. Un avion sans pilote, poursuivant son tracé linéaire vers la médiocrité, destiné à se poser délicatement à Draft City.

Les Suns se sont rendus à l’évidence. La conquête des stars est sans fin, et à trop vouloir briller on finit par se bruler les ailes. Pourtant, des étoiles, ils en ont plein les yeux. Devin Booker étant presque déjà au firmament. Gamin acidulé, adulé par certains, irritant pour d’autres, ayant d’ores et déjà montré si ce n’est prouvé quantité de choses. Le talent est là, c’est un fait indéniable. Une belle planète à qui il ne manque finalement qu’un satellite fiable la mettant encore plus en valeur. Il existe mais est en sommeil, cherchant éperdument l’attraction d’un Watson aveuglé par son éclatante stupidité.

Dragan Bender, le dragueur bandant. Le successeur de Kukoc, l’éternel koc-ku de la farce.
Un JOUEUR de basket. Comme on en fait si peu, l’évidence même. Impossible à définir donc impossible à utiliser. Sachant tout faire, il ne peut donc faire l’affaire d’un coach effarant. L’huile dans le moteur, Dragan est là pour que la machine ne s’enraye jamais. Fort d’un Eurobasket à la fois décevant d’un point de vue collectif pour son pays et tout bonnement désastreux d’un point de vue personnel, il est probablement plus bas que terre. Et c’est certainement pourquoi il ne peut que s’élever. Un coup de manche et cap sur l’horizon.

Bender l’énigme, Bender le bust. Le buste oui, trônant fièrement sur mon bureau. Le contrôleur aérien de mes haut-le-coeur. Cette équipe de Phoenix est destinée à en prendre plein la figure, un poids plume dans cette ligue de poids lourds. Je ne souhaite qu’une chose, au delà des éphémères victoires et des nombreuses défaites. Je veux que tu leur montres la voie, toi seul en est capable. Sans toi les Suns ne valent de toute façon pas grand chose. Illumine le jeu, fais vivre ce ballon que Watson laisse mourir à petit feu. Donne-moi cette flamme.

Une cause perdue. Une de plus. La plus belle de toutes? 636189448831609902-SW-Dragan-Bender